Dans la première partie, nous avons vu les grands principes de base de l’extraction de principes actifs à partir de plantes ainsi que les extractions dans l’eau, souvent considéré comme le solvant universel.
Cependant certains principes actifs méritent d’autres solvants : l’alcool ou l’huile pour les plus courants, mais aussi parfois la glycérine ou le vinaigre.
Extraction dans l'alcool
L’alcool, tout comme l’eau, comporte une liaison oxygène- hydrogène qui fait partie des liaisons chimiques les plus polaires. Il va donc, lui aussi, pourvoir extraire les molécules polaires. Un peu moins efficacement que l’eau (la plus polaire) en raison de sa structure plus grosse, mais son gros avantage sera la désactivation des enzymes et l’inhibition des micro-organismes qui vont permettre à l’extrait une excellente conservation.
Bien sûr, pour assurer une qualité au produit, préférer un alcool bio et artisanal.
Il faudra par contre être vigilant pour les enfants et les femmes enceintes, mais aussi lors de son usage du fait de son inflammabilité et de son caractère asséchant. Les nutriments (minéraux, vitamines..) ne seront pas présents dans un extrait alcoolique.
Les molécules les mieux extraites dans l’alcool à minimum 40° sont:
– Les polyphénols (flavonoïdes et tanins notamment) : puissants boucliers contre l’oxydation, responsable du vieillissement ccellulaire et de l’inflammation.
– Les terpénoïdes (monoterpènes et saponines) : molécules de défense de la plante, ils agissent sur l’immunité comme anti-viraux et anti-microbiens.
– Les huiles essentielles (en faible quantité) : aux vertus multiples et variées, elles sont très volatiles et peuvent donc pénétrer rapidement et efficacement les tissus. C’est aussi pour cette raison qu’elles nécessitent des précautions d’usage.
– Les alcaloïdes : agissent au niveau du système nerveux central pour stimuler, calmer ou réguler certaines fonctions biologiques.
Extraction dans l'huile végétale
L’extraction huileuse permet de concentrer des molécules non polaires qui seront utilisées en usage externe. Bien sûr, on prendra soin de sélectionner de bonnes huiles : vierges, biologiques et de première pression à froid. Pour une meilleure conservation, on privilégiera les huiles stables (olive et tournesol oléique).
Les molécules extraites dans l’huile sont:
- les caroténoïdes : anti-oxydants puissants du tissu cutané et précurseurs (servent à activer sa fabrication) de la pro-vitamine A, essentielle pour l’immunité.
- la chlorophylle : oxygénante, détoxifiante et anti-bactérienne, elle favorise la cicatrisation.
- Les phytostérols : sosies des lipides cutanés, ils apaisent et réparent la peau et les muqueuses.
- Les terpènes : anti-inflammatoire et antiseptique cutané.
- Les acides gras insaponifiables : ils renforcent et modifient le profil lipidique de l’huile pour s’adapter aux différents types de peau et leurs besoins.
- Les polyphénols à longue chaîne carbonée : anti-oxydants qui protègent l’huile et la peau de l’oxydation.
Je ne parle volontairement pas du vinaigre et de la glycérine. Le premier extrait les mêmes molécules que l’eau froide mais avec une conservation moins efficace que l’alcool. La deuxième est peu efficace, collante et absorbe l’humidité ce qui peut ne pas être pratique. Certains procédés de laboratoire sont efficaces mais à la maison je ne l’utilise pas.
Et voilà, vous savez tout des solvants pouvant extraire les actifs des plantes et de pourquoi privilégier l’un d’entre eux en fonction de ce que l’on souhaite extraire. C’est pour ce genre d’apprentissage que j’aime tant la chimie : elle explique le vivant, la nature, et permet de mieux vivre en harmonie avec elle.

