Le fait-maison est aujourd’hui considéré comme une « tendance », alors qu’il y a quarante ans, c’était la normalité. En deux décennies, la façon de se nourrir et de prendre soin de soi à été largement plus transformée que dans les dix dernières centaines d’années. La vie s’est accélérée, créant de nouveaux (faux) « besoins ».
Dans cet article je vous explique toutes les différences entre les produits industriels et leurs alternatives fait-maison.
Les ingrédients industriels
Quand on observe la liste d’ingrédients d’un produit alimentaire, cosmétique ou ménager, on imagine souvent que chacun d’eux joue un rôle direct dans la fonction principale : nourrir, hydrater ou nettoyer. En réalité, une grande partie des molécules présentes dans un produit industriel n’ont pas été ajoutées pour “faire le job”, mais pour répondre aux exigences du modèle industriel lui-même : production à grande échelle, transport sur de longues distances, conservation prolongée, texture standardisée et coût maîtrisé.
Voici ce que l’on trouve généralement dans un produit industriel, et pourquoi ces ingrédients sont là.
Des conservateurs pour assurer une longue durée de vie
Un produit industriel doit :
être fabriqué des mois (parfois des années) avant son achat,
voyager,
rester stable en entrepôt,
supporter des variations de température,
se conserver après ouverture.
Pour cela, l’industrie ajoute :
des conservateurs antimicrobiens (parabènes, phénoxyéthanol, sorbates),
des antioxydants (BHT, BHA),
des agents qui abaissent l’activité de l’eau (Aw) pour limiter la prolifération microbienne.
Ces molécules ne sont souvent pas nécessaires dans un produit fait-maison, qui est fabriqué en petite quantité et utilisé rapidement.
Des stabilisants pour supporter la production en masse
Dans un produit préparé à grande échelle, la stabilité est cruciale :
il ne doit ni se séparer, ni épaissir, ni s’oxyder, ni perdre son aspect uniforme.
On utilise alors :
des émulsifiants puissants (PEG, polysorbates),
des agents anti-moussants ou moussants selon le besoin,
des texturisants et gélifiants (polymères acryliques, gommes, celluloses modifiées),
des séquestrants (EDTA) pour neutraliser les ions qui perturbent la formule.
Le but : garantir la même apparence dans toutes les conditions, même si cela implique une liste d’ingrédients très longue.
Des agents sensoriels pour répondre aux attentes marketing
L’industrie sait qu’un produit doit “donner envie” :
une crème doit être douce et onctueuse,
un gel douche doit mousser beaucoup,
un nettoyant doit sentir le “propre”.
Pour cela, on ajoute :
parfums synthétiques (parfois contenant des allergènes),
colorants,
silicones ou polymères pour la texture,
agents nacrants, opacifiants ou brillants.
Ces ingrédients n’ont pas d’utilité fonctionnelle, mais ils influencent la perception d’efficacité.
Des ingrédients de remplissage pour réduire le coût
Pour produire moins cher, l’industrie utilise souvent :
de l’eau en grande quantité (jusqu’à 80 % d’un cosmétique),
des agents de structure bon marché,
des solvants issus de la pétrochimie.
Certaines molécules servent à remplacer des ingrédients plus naturels mais plus coûteux :
substituts de savon,
épaississants synthétiques,
huiles minérales plutôt qu’huiles végétales.
Objectif : réduire le prix de revient, même si cela complexifie la formule.
Des correcteurs de pH pour éviter les irritations… et les problèmes de production
Un produit industriel doit avoir un pH stable dans le temps, même après stockage.
On utilise donc :
acides ou bases pour corriger le pH,
tampons (citrate, lactate),
agents qui limitent les variations.
Dans un produit fait-maison, le pH peut varier légèrement sans que ce soit un problème majeur, car la durée de conservation est courte.
Parfums et additifs pour masquer les odeurs des matières premières
La pétrochimie, certains solvants ou tensioactifs ont une odeur désagréable.
L’industrie les masque avec :
des parfums complexes et parfois irritants,
des agents neutralisants d’odeur.
Encore une couche d’ingrédients qui n’existent pas dans une version maison.
Des résidus liés aux procédés industriels
En plus des ingrédients volontaires, on retrouve parfois :
des traces de produits de réaction (ex : 1,4-dioxane dans l’éthoxylation),
des résidus de solvants,
des microplastiques.
Ces substances ne sont pas ajoutées volontairement, mais sont le résultat des procédés industriels lourds.
Et bien sûr, tous ces « ingrédients » ne sont jamais dans des produits maison.
En résumé
Fabriquer ses produits maison c’est pouvoir n’utiliser que ce qui est utile, sain et qualitatif. Peut-être qu’en (re)découvrant tout cela tu déprimes et tu te dis que oui il faudrait faire plus maison mais que ta vie ne te le permet pas. Le mois prochain, je te partagerai comment j’ai fait pour faire qu’il y en ai plus dans ma vie, sans être extrémiste et sans renoncer à toute autre chose.
Sinon, en attendant, tu peux trouver des produits artisanaux qui sont bien plus concentrés en bonnes choses pour toi. Ou venir fabriquer avec moi tout ce qui te plaît.
On a toujours le choix. Certains disent choisir c’est renoncer, moi je préfère choisir, c’est préférer.


